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Chien qui mange ses excréments (coprophagie) : pourquoi il le fait et comment y mettre fin

Votre chien mange ses propres crottes, celles d'un congénère, ou même celles du chat ? La coprophagie dégoûte autant qu'elle inquiète, mais elle a des causes précises : et surtout des solutions concrètes.

La rédaction • •5 min de lecture
Chien assis dans un jardin verdoyant, attentif, en promenade au bord d'une allée
Chien assis dans un jardin verdoyant, attentif, en promenade au bord d'une allée

C’est l’un des comportements canins qui met le plus mal à l’aise les maîtres : votre chien, en pleine promenade ou dans le jardin, se penche vers une crotte, la sienne, celle d’un congénère ou celle du chat, et l’avale sans la moindre hésitation. Réaction immédiate : dégoût, inquiétude, et souvent une question qui tourne en boucle, est-ce normal, est-ce grave, comment l’arrêter ?

La coprophagie, ce terme scientifique pour désigner l’ingestion d’excréments, est bien plus fréquente qu’on ne le pense et loin d’être toujours pathologique. Comprendre pourquoi votre chien le fait est la première étape pour y mettre fin efficacement.

Un comportement fréquent, rarement isolé

Selon plusieurs études comportementales, une proportion notable de chiens, chiots comme adultes, présente un jour ou l’autre ce comportement. Il ne s’agit donc pas d’un cas exceptionnel ni forcément d’un signe que « quelque chose ne va pas » chez votre animal.

On distingue généralement trois formes :

  • l’autocoprophagie : le chien mange ses propres excréments ;
  • l’allocoprophagie : il mange ceux d’un autre chien ;
  • l’intercoprophagie : il mange ceux d’une autre espèce, le plus souvent le chat.

Chacune de ces formes peut avoir des origines différentes, ce qui explique pourquoi il n’existe pas de solution unique.

Les causes possibles, du plus banal au plus médical

Un héritage du comportement maternel

Une chienne nettoie instinctivement son nid en ingérant les déjections de ses chiots durant les premières semaines, un réflexe qui limite les odeurs et les parasites autour de la portée. Certains chiots reproduisent ce comportement par imitation ou exploration, sans que cela traduise un trouble particulier. Il s’atténue généralement seul avec la maturité, entre 6 et 9 mois.

L’ennui et le manque de stimulation

Un chien livré à lui-même dans un jardin, avec peu d’occasions de se dépenser physiquement et mentalement, peut développer ce comportement par simple désœuvrement, un peu comme il mâchouillerait un meuble ou creuserait un trou. Ce cas rejoint d’autres comportements exploratoires liés à l’ennui : notre article sur le chien qui mange de l’herbe et vomit aborde une problématique voisine, où l’ingestion d’éléments inhabituels traduit parfois davantage un comportement qu’un trouble digestif.

Le stress ou l’anxiété

Un environnement source de tension, changement de foyer, absence prolongée, cohabitation difficile, peut favoriser des comportements compulsifs, dont la coprophagie fait parfois partie.

Une attractivité alimentaire réelle

Les excréments d’un autre animal, en particulier du chat, contiennent souvent des résidus protéiques mal digérés du fait d’une alimentation très carnée. Pour l’odorat d’un chien, l’odeur peut être perçue comme celle d’un aliment à part entière, ce n’est pas un trouble, c’est une attirance olfactive concrète.

Des causes digestives à ne pas négliger

Chez certains chiens, la coprophagie révèle un vrai souci digestif :

  • une insuffisance pancréatique exocrine, qui empêche une digestion complète des aliments et laisse des nutriments non assimilés dans les selles, très attractifs ;
  • une alimentation mal équilibrée ou en quantité insuffisante, poussant le chien à chercher un complément nutritif ;
  • des parasites intestinaux ou une flore digestive déséquilibrée ;
  • plus rarement, des carences enzymatiques.

Un chien adulte qui se met soudainement à manger ses excréments, sans l’avoir jamais fait auparavant, mérite un avis vétérinaire avant tout dressage correctif, la cause peut être physiologique, pas comportementale.

Comment y mettre fin, étape par étape

1. Éliminer les causes médicales

Avant toute rééducation comportementale, un passage chez le vétérinaire permet d’écarter une cause digestive : bilan de selles, examen clinique, éventuellement dosage enzymatique en cas de suspicion d’insuffisance pancréatique. Traiter la cause médicale suffit parfois à faire disparaître le comportement.

2. Agir sur l’environnement plutôt que sur le chien

C’est le levier le plus efficace et le plus rapide :

  • ramassez immédiatement les déjections dans le jardin, dès que le chien va à la selle ;
  • promenez votre chien en laisse dans les premiers temps, pour intervenir avant qu’il n’ait le temps de se pencher vers une crotte ;
  • si le déclencheur est la litière du chat, placez-la hors de portée : en hauteur, derrière une chatière, dans une pièce fermée.

3. Renforcer un ordre de rappel fiable

Un « stop » ou « laisse » bien appris, associé à une récompense immédiate dès que le chien détourne son attention d’une déjection, fonctionne bien mieux que la réprimande. L’objectif est de rediriger son attention avant le passage à l’acte, pas de le punir après.

4. Enrichir le quotidien du chien

Multiplier les occasions de dépense physique et mentale, jeux de flair, jouets à mâcher, séances de dressage courtes et régulières, réduit nettement les comportements liés à l’ennui ou au stress. Un chien mieux stimulé au quotidien a statistiquement moins tendance à développer ce type de comportement compulsif.

5. Revoir l’alimentation si besoin

Si le vétérinaire suspecte un lien nutritionnel, il pourra recommander une alimentation plus digestible, mieux dosée, ou complétée en enzymes digestives. Ne modifiez jamais la ration de votre propre initiative sans avis professionnel, surtout chez un chien déjà suivi pour un trouble digestif.

Do et don’t à retenir

À faire À éviter
Ramasser rapidement les déjections Laisser le jardin sans surveillance
Consulter en cas d’apparition brutale chez l’adulte Ignorer un changement de comportement soudain
Rediriger l’attention avant le passage à l’acte Gronder après coup
Stimuler physiquement et mentalement le chien Laisser un chien s’ennuyer seul de longues heures

Patience et constance avant tout

La coprophagie n’est ni une fatalité, ni le signe que votre chien est « sale » ou mal élevé. C’est un comportement multifactoriel, souvent transitoire chez le chiot, parfois révélateur d’un trouble digestif chez l’adulte, et presque toujours améliorable en combinant gestion de l’environnement, stimulation et, si besoin, suivi vétérinaire. La constance dans les habitudes du quotidien reste, ici comme pour beaucoup de comportements canins, la clé la plus fiable d’une amélioration durable.

Vos questions

+ Est-ce dangereux pour la santé de mon chien de manger ses excréments ?

Le risque principal est parasitaire et infectieux : les excréments peuvent véhiculer des vers intestinaux, des bactéries ou, en mangeant ceux d'un autre chien, des maladies transmissibles. Un chien à jour de ses vermifuges et vaccins limite fortement ce risque, mais ce n'est pas une raison pour laisser le comportement s'installer, d'autant que la coprophagie peut aussi provoquer une haleine désagréable et des troubles digestifs occasionnels.

+ Pourquoi mon chiot mange-t-il ses crottes alors que mon chien adulte ne l'a jamais fait ?

Chez le chiot, ce comportement est souvent transitoire et lié à l'exploration orale du monde ou à l'imitation de la mère, qui nettoie instinctivement le nid de ses petits en ingérant leurs déjections. La plupart des chiots abandonnent ce comportement entre 6 et 9 mois si on ne le renforce pas involontairement, notamment en réagissant avec de grandes émotions qui peuvent, paradoxalement, capter son attention et l'encourager.

+ Mon chien mange les crottes du chat de la maison, est-ce grave ?

C'est très courant et généralement sans gravité en soi. Les excréments de chat, plus riches en protéines animales non digérées à cause d'une alimentation carnée peu transformée, sont particulièrement attractifs pour les chiens. La solution la plus simple reste pratique : placer le bac à litière hors de portée du chien, sur une hauteur ou derrière une porte à chatière.

+ Faut-il gronder mon chien quand il le fait ?

Non, c'est même contre-productif. Une réaction brutale peut apprendre au chien à manger discrètement, plus vite, dès qu'il repère une déjection, pour éviter la punition, ce qui rend le comportement plus difficile à observer et à corriger. Mieux vaut prévenir en amont (ramassage, laisse, rappel) que réprimander après coup.

+ Les produits anti-coprophagie vendus en animalerie fonctionnent-ils vraiment ?

Leur efficacité est variable et dépend beaucoup de la cause réelle du comportement. Ces compléments modifient le goût ou l'odeur des selles pour les rendre moins appétentes, mais si la cause est comportementale (ennui, stress, imitation) plutôt qu'alimentaire, ils ne suffiront pas seuls. Ils peuvent être un complément utile à une prise en charge globale, pas une solution miracle isolée.

+ Quand faut-il consulter un vétérinaire pour ce problème ?

Consultez si le comportement apparaît soudainement chez un chien adulte qui n'avait jamais montré d'intérêt pour ses excréments, s'il s'accompagne d'une perte de poids, de selles molles ou grasses, d'un appétit démesuré malgré une ration normale, ou de vomissements. Ces signes peuvent évoquer une insuffisance pancréatique exocrine, une malabsorption ou un déséquilibre alimentaire qu'il faut identifier avant de corriger le comportement.

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