Aller au contenu
123animaux
Dossiers

On peut transmettre certaines maladies à nos animaux de compagnie

Certaines maladies passent de l’homme à l’animal de compagnie. Grippe, gestes barrières, signaux d’alerte : les bons réflexes pour chien et chat au quotidien.

La rédaction 8 min de lecture
On peut transmettre certaines maladies à nos animaux de compagnie
On peut transmettre certaines maladies à nos animaux de compagnie

On sait depuis longtemps que certains animaux peuvent nous transmettre des maladies. Ce que l’on oublie plus facilement, c’est que le mouvement peut aussi se faire dans l’autre sens.

Oui, certaines infections humaines peuvent passer à nos animaux de compagnie. Ce phénomène porte un nom : la zoonose inversée, ou transmission de l’homme à l’animal. Le risque existe, mais il reste limité et concerne surtout des situations de proximité très étroite.

L’enjeu n’est pas de vivre dans la peur. L’enjeu, c’est de savoir quand se méfier, quels gestes adopter et à quel moment appeler le vétérinaire.

Comprendre la zoonose inversée sans se tromper

Le principe est simple : un micro-organisme qui circule chez l’humain parvient à franchir la barrière d’espèce et à infecter un animal. Cela n’arrive pas avec toutes les maladies, ni avec tous les compagnons. La plupart des microbes sont très spécialisés, ce qui limite naturellement les transmissions.

Pourquoi, alors, certains agents pathogènes passent-ils quand même ? Parce que les contacts sont nombreux et parfois très intimes : couchages partagés, léchage du visage, mains non lavées, éternuements à faible distance, gamelles manipulées par toute la famille. Un chien ou un chat vit au cœur de nos foyers. C’est ce qui fait leur charme, et c’est aussi ce qui ouvre une petite porte aux contaminations.

Il faut aussi distinguer deux idées :

  • Une maladie transmissible ne veut pas dire une maladie fréquente chez l’animal.
  • Une contamination possible ne veut pas dire une forme grave.

Dans la majorité des cas, le compagnon reste indemne ou ne présente que des signes discrets. Mais certains animaux sont plus vulnérables : jeunes, âgés, immunodéprimés, atteints d’une maladie chronique ou vivant en collectivité avec d’autres animaux.

Le bon réflexe n’est pas l’isolement total, mais la réduction intelligente des contacts quand vous êtes malade.

Quelles maladies humaines peuvent atteindre un animal de compagnie ?

Le sujet qui revient le plus souvent est celui des infections respiratoires. C’est logique : elles se transmettent facilement par gouttelettes, projections et surfaces contaminées.

Les virus grippaux

La grippe est l’exemple le plus connu. Certaines souches de virus influenza, dont le virus H1N1, ont déjà été impliquées dans des cas de contamination de chats, de chiens et d’autres mammifères. Ces situations restent rares, mais elles sont documentées.

Chez le chat, les signes possibles ressemblent à ceux d’une infection respiratoire classique : éternuements, toux, baisse d’énergie, écoulement nasal, parfois baisse d’appétit. Chez le chien, la présentation peut être plus discrète, mais l’animal peut aussi tousser ou paraître abattu.

Le point important : si vous avez la grippe, votre animal n’est pas automatiquement en danger. En revanche, plus le contact est étroit et prolongé, plus le risque augmente.

Les coronavirus respiratoires

Les transmissions de l’humain vers certains animaux ont aussi été observées avec des coronavirus respiratoires, notamment chez le chat et le furet. Là encore, on parle de cas identifiés, pas d’une fatalité du quotidien.

La plupart du temps, l’évolution est bénigne. Mais si l’animal présente une toux, des éternuements ou un état général altéré après votre propre maladie, il faut consulter.

Certaines bactéries et infections cutanées

La transmission homme-animal ne concerne pas uniquement les virus. Certaines bactéries, en particulier celles qui se transmettent par contact direct ou via des plaies, peuvent aussi circuler entre les membres d’un foyer.

Les infections cutanées, les plaies qui s’infectent, certaines bactéries de la peau ou des voies respiratoires peuvent parfois passer d’un humain à un animal, surtout si le chien ou le chat lèche une lésion, partage le lit, ou a déjà une peau fragilisée.

Les mycoses, à ne pas sous-estimer

Certaines infections fongiques, comme la teigne, peuvent se transmettre dans les deux sens. Là encore, la prudence est de mise. Une zone sans poils, squameuse, qui démange chez le chat ou le chien, mérite un avis vétérinaire. Chez l’humain, les lésions cutanées doivent aussi être prises au sérieux.

Tous les animaux ne sont pas concernés de la même façon

Le risque varie selon l’espèce, le mode de vie et la proximité avec l’humain malade.

Chats, chiens, furets : des profils différents

  • Le chat est souvent très exposé, car il vit volontiers dans une proximité extrême avec son foyer : lit, canapé, coussins, tête contre tête.
  • Le chien est lui aussi concerné, surtout s’il lèche le visage, dort collé à son humain ou partage beaucoup les espaces.
  • Le furet est particulièrement sensible à certains virus respiratoires, notamment les virus grippaux.

Chez les chiens et les chats, on ne voit pas forcément un tableau spectaculaire. Les signes peuvent être discrets : fatigue, appétit en baisse, respiration moins confortable, petit écoulement nasal. C’est justement ce qui peut faire passer la maladie inaperçue au début.

Les animaux fragiles

Le risque augmente si votre compagnon est :

  • très jeune ou très âgé ;
  • atteint d’une maladie cardiaque, respiratoire ou immunitaire ;
  • en convalescence ;
  • non vacciné selon les recommandations de votre vétérinaire ;
  • vivant avec plusieurs congénères dans un même espace.

Un animal fragile n’est pas condamné à tomber malade au moindre rhume humain. En revanche, il supporte moins bien une infection respiratoire ou une baisse de forme. Dans ces situations, le bon niveau de vigilance change.

Quand vous êtes malade, les gestes utiles comptent vraiment

La bonne nouvelle, c’est qu’une grande partie du risque se réduit avec des gestes simples. Pas besoin de transformer la maison en zone stérile. Il faut juste casser les chaînes de contamination les plus évidentes.

Les gestes à faire

  1. Lavez-vous les mains avant de nourrir votre animal, de lui donner ses médicaments ou de nettoyer sa litière.
  2. Toussez et éternuez dans un mouchoir, puis jetez-le immédiatement.
  3. Aérez le logement plusieurs fois par jour pour renouveler l’air.
  4. Évitez les bisous sur le museau et les contacts face à face si vous êtes grippé ou fiévreux.
  5. Confiez si possible les soins quotidiens à un proche pendant les jours les plus infectieux.
  6. Nettoyez les objets partagés : gamelles, jouets, plaids, poignées de porte, téléphone.

Les gestes à éviter

  • laisser votre animal lécher votre visage quand vous êtes malade ;
  • partager la même cuillère, la même assiette ou le même verre ;
  • tousser directement vers lui ;
  • dormir nez à museau si vous avez des symptômes respiratoires marqués ;
  • manipuler ses aliments sans vous laver les mains ;
  • lui donner un médicament humain pour le soulager.

Le dernier point est capital : ne donnez jamais à votre chien ou à votre chat un traitement destiné à l’humain sans avis vétérinaire. Paracétamol, ibuprofène, décongestionnants et autres produits courants peuvent être toxiques, parfois gravement.

Faut-il isoler son animal ?

En règle générale, non. Un isolement complet n’est pas nécessaire si votre compagnon va bien. En revanche, si vous êtes très symptomatique, si vous toussez beaucoup ou si votre vétérinaire estime votre animal à risque, il peut être judicieux de limiter les contacts étroits pendant quelques jours.

Quand faut-il appeler le vétérinaire ?

Le bon réflexe, ce n’est pas d’attendre de voir si cela passe tout seul pendant une semaine. C’est de surveiller les signes et d’agir vite si quelque chose vous paraît anormal.

Les symptômes qui doivent alerter

Chez un chien ou un chat, consultez si vous observez :

  • toux persistante ;
  • éternuements répétés avec écoulement nasal ;
  • respiration plus rapide ou plus difficile ;
  • fatigue inhabituelle ;
  • baisse marquée d’appétit ou refus de boire ;
  • vomissements ou diarrhée ;
  • yeux rouges ou écoulement oculaire ;
  • isolement, abattement, posture anormale.

Les urgences vétérinaires

Appelez rapidement en cas de :

  • détresse respiratoire ;
  • gencives bleutées ou très pâles ;
  • grande faiblesse ou effondrement ;
  • impossibilité de boire ;
  • vomissements répétés ;
  • convulsions ou signes neurologiques.

Si votre animal tombe malade après votre propre infection, dites au vétérinaire :

  • depuis quand vous êtes malade ;
  • quels symptômes vous avez eus ;
  • quand les signes sont apparus chez l’animal ;
  • son espèce, son âge et ses antécédents.

Cette chronologie aide beaucoup à orienter le diagnostic. Le vétérinaire pourra décider d’une simple surveillance, d’un examen clinique ou d’examens complémentaires.

Le bon cap : prudence, pas panique

Le message de fond est simple : oui, certaines maladies humaines peuvent contaminer nos animaux de compagnie, mais cela reste globalement peu fréquent. Les cas les mieux identifiés concernent surtout les virus respiratoires, en particulier certains virus grippaux et, selon les situations, d’autres agents infectieux circulant chez l’humain.

Cela ne doit pas vous éloigner de votre chien ou de votre chat. Cela doit surtout vous rendre plus attentif quand vous êtes malade. Un lavage de mains, un peu de distance, une maison bien aérée et une surveillance des signes cliniques suffisent souvent à réduire le risque de façon nette.

Le plus important : ne banalisez pas une toux, un abattement ou une baisse d’appétit chez votre animal après votre propre maladie. Un simple appel au vétérinaire peut éviter d’attendre trop longtemps.

Gardez donc ce cap : proximité, oui ; précaution, toujours ; automédication, jamais. C’est la meilleure façon de protéger votre compagnon sans dramatiser.

Vos questions

+ Peut-on transmettre un simple rhume à son chat ou à son chien ?

Le simple rhume humain est en général peu adapté aux chiens et aux chats, mais il ne faut pas raisonner en absolu. Certains virus respiratoires peuvent franchir la barrière d’espèce, surtout en cas de contacts rapprochés et répétés. Si vous êtes très symptomatique, limitez les bisous, le léchage du visage et l’exposition directe.

+ La grippe humaine peut-elle vraiment contaminer un animal de compagnie ?

Oui, certains virus grippaux ont déjà été impliqués dans des cas de transmission de l’humain vers l’animal, notamment chez le chat, le chien et le furet. Ce n’est pas fréquent, mais c’est documenté. Si votre animal tousse, éternue ou s’abat après votre grippe, contactez le vétérinaire.

+ Faut-il porter un masque à la maison quand on est malade et qu’on a un animal ?

Ce n’est pas systématique, mais cela peut être utile si vous toussez beaucoup, si vous avez de la fièvre ou si votre animal est fragile. Le masque réduit surtout les projections respiratoires lors des soins rapprochés. Il ne remplace pas le lavage des mains ni la ventilation du logement.

+ Quels animaux sont les plus vulnérables ?

Les chats, les furets et certains chiens peuvent être concernés, mais le risque dépend surtout de l’agent infectieux et de la proximité avec l’humain malade. Les jeunes, les animaux âgés, immunodéprimés ou atteints d’une maladie chronique sont plus à surveiller. Un foyer avec plusieurs animaux augmente aussi les occasions de contact.

+ Mon chien a vomi après que j’ai eu la grippe : est-ce forcément lié ?

Pas forcément. Les vomissements peuvent avoir de nombreuses causes, dont beaucoup n’ont aucun lien avec votre maladie. En revanche, si plusieurs signes apparaissent en même temps — fatigue, toux, diarrhée, baisse d’appétit — ou si votre chien respire mal, il faut consulter sans attendre.

+ Puis-je donner un médicament humain à mon animal s’il semble malade ?

Non, jamais sans avis vétérinaire. Beaucoup de médicaments courants chez l’humain sont toxiques pour les chiens et les chats, même à petite dose. Si votre animal présente des signes respiratoires, digestifs ou un abattement après votre maladie, appelez d’abord votre vétérinaire.

À lire aussi